BOGOTA (AFP) - Les tensions opposant la Colombie à l'Equateur et au Venezuela compliquent les négociations pour obtenir la libération des otages détenus par la guérilla des Farc, a estimé lundi l'ambassadeur de France à Bogota, avant la visite du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner.
L'objectif de M. Kouchner, qui entame lundi une tournée de trois jours dans l'espoir de favoriser une libération des otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, est de "parler de la situation régionale", a précisé Jean-Michel Marlaud, dans une déclaration à la radio Caracol.
"Il est regrettable que les pays voisins connaissent des tensions", d'autant que "cette tension complique davantage les efforts entrepris pour obtenir la libération des otages" retenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), a expliqué le diplomate.
"Pour nous, il est très important que la Colombie, l'Equateur et le Venezuela aient de bonnes relations", a encore souligné M. Marlaud, déplorant le climat de discorde régional.
L'Equateur, soutenu par le Venezuela, a rompu les relations diplomatiques avec Bogota depuis le 3 mars, à la suite d'une attaque de l'armée colombienne en territoire équatorien au cours de laquelle le numéro deux des Farc, Raul Reyes, a été tué.
De son côté, le gouvernement colombien accuse ses voisins de collaborer avec la guérilla marxiste, à laquelle Quito et Caracas ont proposé d'accorder un statut de force belligérante.
Selon l'ambassadeur, la visite de M. Kouchner est la "suite de la mission humanitaire" de la France, la Suisse et l'Espagne qui avaient envoyé sans succès début avril un avion médicalisé pour secourir Ingrid Betancourt, en captivité depuis 2002.
"Nous continous tous nos efforts en faveur de la libération des otages", a assuré M. Marlaud, sans préciser si la tournée française avait pour but de convaincre Bogota de reprendre la médiation du président vénézuélien Hugo Chavez auprès de la guérilla
"Je ne peux pas parler pour le ministre des Affaires étrangères, nous allons voir. Mais je crois que l'idée est de parler vraiment avec les autorités colombiennes afin de voir quel peut être notre rôle", a-t-il dit.
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