Nicolas Sarkozy a dressé 'un message aux Farc, le 1er avril 2008, depuis l'Elysée
D.H. (avec agence) - le 01/04/2008 - 17h36
Alors qu'Ingrid Betancourt aurait entamé une grève de la faim le 23 février, date anniversaire de sa capture, le président s'est adressé mardi au chef des Farc.
"Relâchez Ingrid Betancourt" et "ceux des otages qui sont les plus affaiblis", "vous avez maintenant un rendez-vous avec l'Histoire", a lancé Nicolas Sarkozy.
"Libérez Ingrid Betancourt" pour "sauver une femme de la mort", "relâchez Ingrid Betancourt" qui est "en danger de mort", "ce serait un crime"... Comme il y a quatre mois, Nicolas Sarkozy s'est directement adressé mardi, dans un discours radio-télévisé depuis l'Elysée, à l'emblématique chef des Farc, Manuel Marulanda. Avec un unique message : il y a urgence, libérez immédiatement l'otage franco-colombienne en "danger de mort imminente".
"Puisqu'il suffit désormais d'une décision de votre part pour sauver une femme de la mort et faire vivre l'espoir pour tous ceux qui restent détenus : prenez cette décision, relâchez Ingrid Betancourt !", a-t-il martelé. "Elle n'a plus la force de résister à une captivité interminable qui s'enfonce de la tragédie (...) Alors, vous qui dirigez les Farc, vous avez maintenant un rendez-vous avec l'Histoire. Ne le manquez pas. Libérez Ingrid Betancourt et ceux des otages qui sont les plus affaiblis !", a poursuivi le président, promettant que
Ingrid Betancourt en grève de la faim
Ce discours ferme est intervenu juste après des informations faisant état d'une grève de la faim de l'otage. Une information émanant des services secrets de l'armée colombienne que le président n'a pas évoquée, mais que le président du Comité de soutien à l'otage, citant des "sources relativement sûres". Selon lui, elle aurait même entamé son mouvement de grève de la faim le 23 février dernier. Date qui correspond à sa prise en otage, le 23 février 2002, il y a plus de six ans. Lundi, une source des renseignements de l'armée colombienne avait également affirmé que la franco-colombienne refusait tout soin et restait attachée à longueur de journée depuis qu'elle a essayé de se jeter dans une rivière.
Le 6 décembre, le président avait adressé un message radio au chef des Farc, Manuel Marulanda, lui "demandant solennellement de relâcher" Ingrid Betancourt avant Noël et un autre message destiné aux otages des Farc pour leur témoigner la "solidarité de
602.000 signatures
"Cela fait donc maintenant un mois qu'elle a entamé une grève de la faim. Une grève de la faim dans un milieu hospitalier c'est déjà très dangereux, au milieu de la jungle c'est mortel", a estimé le président du Comité de soutien à Ingrid Betancourt. "Il est évident que pour Ingrid il y a une urgence absolue maintenant".
Quatre membres du comité de soutien à Ingrid Betancourt ont remis mardi à Nicolas Sarkozy une pétition comportant 602.000 signatures demandant la libération de l'otage des Farc. Le Comité de soutien organise en outre dimanche prochain une "marche blanche" à Paris et dans dix autres villes de France.
Les autorités colombiennes ont proposé jeudi dernier de libérer sans délai plusieurs centaines de guérilleros en échange d'Ingrid Betancourt. Elles ont par ailleurs confirmé que la franco-colombienne, âgée de 46 ans, était gravement malade, atteinte du virus de l'hépatite B et souffrant de malnutrition. Samedi, Alvaro Uribe a déclaré que la France serait disposée à accueillir des guérilleros colombiens qui libéreraient des otages retenus. Un Falcon 900 de la République française a été envoyé ce week-end sur un aéroport proche de Cayenne, en Guyane, en vue d'une éventuelle libération de la captive. Il a redécollé pour la métropole dimanche, mais Paris a affirmé qu'un avion était prêt en permanence à partir au cas où.