Ingrid Betancourt aurait entamé une grève de la faim fin février
Reuters – 1 avril 2008
PARIS (Reuters) - Ingrid Betancourt, otage en Colombie depuis plus de six ans, a entamé une grève de la faim le 23 février dernier, a déclaré un membre de son comité de soutien, citant des "sources relativement sûres".
Le président Nicolas Sarkozy prendra "une initiative importante" dans ce dossier "dans les heures qui viennent", a fait savoir l'Elysée par ailleurs.
Selon des informations non confirmées par la présidence, il pourrait s'agir d'un message radiophonique du chef de l'Etat.
Nicolas Sarkozy avait enregistré le 6 décembre dernier un message de ce type adressé aux ravisseurs d'Ingrid Betancourt, les Forces révolutionnaires armées de Colombie (Farc).
"Ingrid est au plus mal. Des sources relativement sûres annoncent qu'elle a commencé une grève de la faim le 23 février", a déclaré à la presse Arnaud Mangiapan, président du Comité de soutien à Ingrid Betancourt, dans la cour de l'Elysée.
"Cela fait donc maintenant un mois qu'elle a entamé une grève de la faim. Une grève de la faim dans un milieu hospitalier c'est déjà très dangereux, au milieu de la jungle c'est mortel", a-t-il ajouté. "Il est évident que pour Ingrid il y a une urgence absolue maintenant".
Quatre membres du comité de soutien à Ingrid Betancourt ont remis mardi à Nicolas Sarkozy une pétition comportant plus de 600.000 signatures demandant la libération de la franco-colombienne et des autres otages encore aux mains des Farc.
Le Comité de soutien à Ingrid Betancourt organise dimanche prochain une "marche blanche" à Paris et dans dix autres villes de France. Le cortège parisien partira de la place de l'Opéra à 14h30.
"Ce n'est pas une marche de plus, une action de plus, c'est la mobilisation qui sera déterminante", a déclaré Hervé Marro, porte-parole du comité.
"Nous voulons récupérer Ingrid Betancourt en vie. Nous voulons que les Farc comprennent qu'il est dans leur intérêt qu'elle ne meure pas. Nous voulons que le président colombien (Alvaro Uribe) le comprenne également", a-t-il ajouté.
Les autorités colombiennes ont proposé jeudi dernier de libérer sans délai plusieurs centaines de guérilleros en échange d'Ingrid Betancourt.
Elles ont par ailleurs confirmé que la franco-colombienne, âgée de 46 ans, était gravement malade, atteinte du virus de l'hépatite B et souffrant de malnutrition.
Samedi, Alvaro Uribe a déclaré que la France serait disposée à accueillir des guérilleros colombiens qui libéreraient des otages retenus par les Farc, dont Ingrid Betancourt.
Un Falcon 900 de la République française a été envoyé ce week-end sur un aéroport proche de Cayenne, en Guyane, en vue d'une éventuelle libération de la captive. Il a redécollé pour la métropole dimanche. Elizabeth Pineau