Ingrid Betancourt adresse un message aux otages des Farc et promet de s'engager

BOGOTA (AFP) - La Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, libre depuis mercredi, a adressé dimanche depuis Paris un message de soutien aux otages encore détenus par les Farc et annoncé à ses compatriotes qu'elle renonçait à une marche à Bogota, sa famille redoutant un attentat.

En direct au micro de la radio colombienne Caracol, Ingrid Betancourt, s'est engagée à travailler sans relâche à la libération de ses compagnons d'infortune, toujours retenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

"A ceux qui sont dans la jungle, qui restent là-bas, regardez, vous savez que lorsque je m'engage à quelque chose, je le fais vraiment : pas une seconde, je ne vais cesser de plaider pour votre liberté et d'établir des canaux de communication avec les Farc et avec les pays que nous pouvons mobiliser afin que vous puissiez revenir rapidement. Je le fais déjà, et je continuerai à le faire".

"Je sais que la liberté est pour très bientôt", a-t-elle déclaré aux 24 otages dits "politiques" et plus de 700 autres aux mains de la guérilla colombienne.

Ingrid Betancourt, libérée mercredi en même temps que 14 autres otages par l'armée colombienne, s'exprimait depuis l'hôtel à Paris où elle séjourne avec sa famille, dans le programme "Voces del secuestro" (Les voix des otages) que les captifs peuvent écouter de minuit à cinq heures du matin.

L'ancienne captive sait l'importance de tels messages pour le moral des otages, elle-même a écouté chaque jour pendant les six ans et quatre mois de sa captivité, ceux que lui transmettait sa mère, Yolanda Pulecio.

"Je sais que ceux qui m'écoutent actuellement sont heureux mais attendent également d'entendre leurs familles. Je me souviens comment cela nous arrivait à nous dans la jungle", a-t-elle souligné.

Le président français Nicolas Sarkozy "s'est engagé publiquement à poursuivre la lutte pour tous les otages encore dans la jungle", leur a-t-elle affirmé en ajoutant à cet égard qu'elle avait également eu un entretien avec l'émissaire du chef de l'Etat français, Noël Saez.

"J'ai déjà parlé avec l'émissaire, celui qui à 25 reprises est venu se battre pour nous, qui a rencontré Raul Reyes (l'ex-numéro deux des Farc, tué par l'armée colombienne le 1er mars en Equateur, ndlr), qui se dit déjà prêt, le président Sarkozy lui a déjà donné l'ordre de retourner (en Colombie) et de prendre contact" à nouveau avec la guérilla, a précisé Mme Betancourt.

Emue, Ingrid Betancourt a ajouté que le gouvernement français lui avait promis d'accorder des visas et des facilités aux ex-otages qui souhaiteraient venir étudier en France.

"Nous avons l'engagement de la France pour que ceux qui veulent venir faire des études puissent le faire", a-t-elle dit.

En revanche, Mme Betancourt qui avait garanti jeudi à ses compatriotes qu'elle participerait "comme un soldat supplémentaire" à une marche pour les otages, prévue le 20 juillet à Bogota, a annoncé que sa famille s'y opposait de crainte d'un attentat.

"Ils m'ont demandé de prendre en compte leur avis sur ma vie car ils estiment en avoir le droit après avoir lutté tant d'années, alors que nous sommes enfin réunis, ils ne voudraient pas qu'un attentat soudain ou que quelque chose fasse que tout ce que nous sommes finalement en train d'éprouver ne vole en éclats à un moment donné", a-t-elle en outre expliqué.

Lundi, Ingrid Betancourt s'adressera à nouveau à ses anciens compagnons sur l'antenne en espagnol de Radio France Internationale.

Elle sera l'invitée du chef du service en espagnol de RFI, Alejandro Valente, de 12h00 (05h00 en Colombie) à 12h30, heure où cette radio diffusait trois fois par semaine depuis le 7 décembre des messages de ses enfants Mélanie et Lorenzo.

 

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