L'armée colombienne libère Ingrid Betancourt et trois otages Américains

Par Jean-Luc Porte AFP - Mercredi 2 juillet, 23h16

BOGOTA (AFP) - L'armée colombienne a libéré mercredi dans le sud-est de la Colombie l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, trois Américains et onze militaires colombiens détenus par la Les otages, dont Ingrid Betancourt détenue depuis plus de six ans par les rebelles et les Américains Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell, ont été libérés au cours d'une opération héliportée de l'armée, a annoncé le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos au cours d'une conférence de presse improvisée.

Onze militaires colombiens, principalement des officiers, ont également pu retrouver la liberté dans de cette opération menée dans la province du Guaviare, dans le sud-est de la Colombie, selon le ministre.

"Les otages ont été libérés lors d'une opération de l'armée au cours de laquelle il a été possible d'infiltrer le premier cercle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), celui qui a surveillé pendant les dernières années un important groupe d'otages", a expliqué M. Santos.

Comme les otages séquestrés étaient divisés en trois groupes, l'armée, invoquant grâce à ses agents infiltrés parmi les geôliers guérilleros un faux ordre d'Alfonso Cano, le nouveau chef des Farc, a obtenu que les otages soient regroupés "soi-disant toujours sur ordre de Cano" par leurs gardiens dans un lieu du sud du pays, selon le ministre.

"Puis un hélicoptère qui, en réalité, appartenait à l'armée nationale et avait à son bord des membres des services secrets, a libéré les otages dans le lieu de regroupement", a précisé M. Santos.

"César", le chef des geôliers rebelles, et ses guérilleros ont été immédiatement "neutralisés et les otages sont actuellement libres", a poursuivi M. Santos.

Un fonctionnaire de l'aéroport de San José du Guaviare, chef-lieu de la province, a indiqué à l'AFP au téléphone qu'il avait vu les otages descendre d'un hélicoptère et monter à bord d'un appareil de l'armée de l'air colombienne, qui devait partir pour Tolemaida, une base militaire du centre de la Colombie.

Peu après l'annonce de Bogota, la présidence française a confirmé la libération de l'otage franco-colombienne. "Oui, Ingrid Betancourt a été libérée", a déclaré un haut responsable à l'Elysée.

Le président français Nicolas Sarkozy "vient de s'entretenir longuement" avec son homologue colombien Alvaro Uribe, a indiqué un responsable de la présidence française.

Parmi les premières réactions des familles, Lorenzo Delloye, le fils d'Ingrid Betancourt s'est exclamé en apprenant à Paris la nouvelle: "C'est une immense joie, une joie indescriptible. je n'arrive pas à y croire".

"J'attends d'avoir ma mère au téléphone. Je n'arrive pas y croire", a-t-il poursuivi, affirmant attendre d'être "certain que c'est vrai".

Ingrid Betancourt, 46 ans, ex-candidate écologiste à la présidence de la Colombie, était retenue par la guérilla marxiste depuis plus de six ans.

Depuis Washington, le président George W. Bush a appelé son homologue colombien pour le féliciter et le remercier après la libération des 15 otages, dont les trois Américains, a annoncé la Maison Blanche.

Les trois otages américains, des sous-traitants recrutés par la département de la Défense, se trouvaient en mission de lutte contre la drogue à bord d'un avion du Commandement sud des Etats-Unis, qui a dû se poser à la suite d'une défaillance mécanique dans une zone contrôlée par les Farc, le 13 février 2003, où ils ont été capturés par les rebelles.

A Madrid, le gouvernement a exprimé son "énorme satisfaction" à la suite de l'annonce de ces libérations.

A Rome, le porte-parole du Vatican s'est félicité de la remise en liberté de l'otage franco-colombienne, évoquant "une bonne nouvelle" et "un signe positif pour la liberté de tous les otages" ainsi que pour "la réconciliation" en Colombie.

 

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