Sarkozy appelle à la prudence, "grand espoir" pour Kouchner

AFP - Dimanche 25 mai, 21h14

PARIS (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy a appelé à la "prudence" après la mort du chef historique de la guérilla colombienne des Farc, alors que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner y voyait au contraire un "grand espoir" pour la libération d'Ingrid Betancourt.

M. Sarkozy réagissait à la confirmation du décès du chef des Farc, Manuel Marulanda, et à l'annonce par le président colombien Alvaro Uribe que des chefs de la guérilla envisageaient de libérer des otages.

"Je crois qu'il faut être très prudents quant à toutes les informations annoncées" en Colombie, a déclaré M. Sarkozy à des journalistes son arrivée à une cérémonie de célébration des 60 ans d'Israël, au Trocadéro.

M. Sarkozy a rappelé qu'il était "très attaché" à la libération de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, détenue depuis plus de six ans dans la jungle, et dont l'état de santé est alarmant, selon des témoignages et sa famille.

"Il y a des choses qui se passent, il faut regarder cela avec beaucoup de calme, beaucoup de prudence et beaucoup de concentration", a-t-il ajouté.

"Je suis la situation minute par minute. Je voudrais demander à chacun de faire le moins de déclarations possibles, il y a des otages et la situation est mouvante", a insisté M. Sarkozy.

A Beyrouth, où il assistait à l'élection du nouveau président, M. Kouchner a affirmé que la mort de Marulanda "facilitera la libération des otages".

"C'est un grand espoir qui se lève", a dit M. Kouchner qui a estimé que cela va faciliter "le retour d'une certaine paix civile en Colombie".

"La mort de Marulanda, la désertion d'un certain nombre de responsables (de la guérilla) et l'assassinat d'autres, hélas, semble un contexte favorable pour que les otages sortent", a-t-il dit.

Le ministre des Affaires étrangères a ajouté: "on ne peut pas être content de la mort de quelqu'un, mais je ne vais pas pleurer, franchement".

La "mauvaise nouvelle potentielle, la difficulté très grave, ce serait que l'assaut (de l'armée colombienne) autour de l'endroit où sont retenus les otages se précise", a souligné M. Kouchner. "Et vous savez que, dans ce cas, les otages risquent leur vie".

M. Uribe a annoncé samedi que des chefs de la guérilla étaient prêts à se démobiliser et à libérer des otages dont Mme Betancourt.

La mère et la soeur d'Ingrid Betancourt ont lancé un appel au nouveau chef des Farc, Alfonso Cano, qualifié "d'homme cultivé et progressiste" qui a, selon elles, "le pouvoir de pousser l'histoire en libérant Ingrid et les trois autres otages civils".

"Ces libérations déclencheront l'action décisive de la France et de la communauté internationale afin d'aboutir à l'accord humanitaire et de mettre la Colombie sur le chemin de la paix", ont indiqué Yolanda Pulecio Betancourt et Astrid Betancourt dans un communiqué.

Le comité de soutien à Paris à Ingrid Betancourt a appelé à la prudence.

"Pour le moment, aucune annonce des Farc ne nous laisse observer un changement de fond", a indiqué ce comité dans un communiqué.

Ce comité a assuré que la mort de M. Marulanda était un "séisme" pour les Farc. "Nous ne pleurerons jamais la mort de cet homme qui avait bien du sang sur les mains, qui avait orchestré autant de violations des droits de l'Homme que de souffrances inadmissibles", a-t-il ajouté.

 

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