Chavez assure à Sarkozy qu'il fera son "possible" pour libérer Betancourt

AFP - Mercredi 14 mai, 22h00

CARACAS (AFP) - Le président du Venezuela Hugo Chavez a assuré mercredi à son homologue français Nicolas Sarkozy qu'il ferait "tout son possible" pour obtenir la libération de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et de "tous les otages" des Farc.

Lors d'une conversation téléphonique avec le chef de l'Etat français, M. Chavez a affirmé qu'"en dépit de tout", il continuerait à "faire tout (son) possible non seulement pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, mais aussi de toutes les personnes qui se trouvent aux mains des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie, ndlr) dans la jungle colombienne".

La conversation entre les deux présidents a eu lieu alors que M. Chavez se trouvait dans l'Orénoque au sud-est du pays, pour une visite de gisements pétroliers avec le Premier ministre portugais José Socrates.

"Nous continuerons à tenter d'établir le contact avec les Farc", a ajouté le chef de l'Etat vénézuélien.

La France avait envoyé un avion médicalisé en Colombie début avril dans l'espoir d'avoir accès et de porter secours à Mme Betancourt, ex-candidate à la présidentielle, détenue depuis plus de 6 ans par la guérilla, mais s'est heurtée à une fin de non-recevoir des Farc.

Paris n'est aujourd'hui guère optimiste quant aux chances de libération à court terme de la Franco-Colombienne. Le gouvernement français a fait de la libération d'Ingrid Betancourt une cause nationale, et a souhaité que M. Chavez continue d'agir afin d'obtenir un échange dit "humanitaire", dans le cadre d'un accord plus global avec les autorités colombiennes, de 39 otages des Farc considérés comme des "prisonniers politiques" contre quelque 500 guérilleros emprisonnés.

Au début de l'année, le président vénézuélien avait obtenu de la guérilla colombienne la libération de six otages colombiens, dont Clara Rojas, l'ex directrice de campagne d'Ingrid Betancourt.

Depuis les relations entre le Venezuela et la Colombie se sont détériorées à la suite de l'incursion de l'armée colombienne en territoire équatorien, le 1er mars, au cours de laquelle le numéro deux des Farc, Raul Reyes, a été tué.

Selon les autorités colombiennes, les données informatiques de l'ordinateur du chef rebelle, récupéré lors de l'opération, révèlent que des liens existent entre le président Chavez, le président équatorien Rafael Correa et les Farc.

Quelque 11.000 textes et photos prouveraient, selonBogota, que la guérilla est "financée et armée par le président vénézuélien Hugo Chavez (gauche)" et que les Farc "ont participé au financement" de la campagne présidentielle du chef de l'Etat équatorien Rafael Correa (socialiste).

La Colombie a demandé à l'Organisation internationale de police criminelle (OIPC, Interpol) de mener une enquête sur l'authenticité des documents dont les résultats doivent être divulgués à la presse jeudi à Bogota.

Hugo Chavez a répété dimanche que les données informatiques montrant des liens entre lui et la guérilla colombienne des Farc étaient des faux et a accusé Interpol de s'apprêter à couvrir ce qui est selon lui une "manipulation" américaine.

Tous les contacts qui avaient été noués avec les Farc en Colombie pour une libération d'Ingrid Betancourt ont "été perdus" avec la mort en mars du numéro deux de la guérilla, avait affirmé lundi Rafael Correa au quotidien français Le Monde.

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