le président équatorien promet de "redoubler d'efforts"
Par Ingrid BAZINET AFP - Mercredi 14 mai, 16h55
PARIS (AFP) - Le président équatorien Rafael Correa a promis mercredi à Paris à la famille de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt de "redoubler d'efforts" pour la libération des otages en Colombie au dernier jour d'une tournée en Europe visant à obtenir un soutien diplomatique face à Bogota.
Le président équatorien a rencontré le fils et l'ex-mari d'Ingrid Betancourt, Lorenzo et Fabrice Delloye, ainsi qu'Astrid Betancourt, soeur de l'otage retenue par la guérilla des Farc depuis plus de six ans.
Il les a assurés vouloir "redoubler d'efforts pour la libération des otages", comme il l'avait dit la veille à son homologue français Nicolas Sarkozy.
M. Correa a assuré lors d'une conférence de presse que son pays allait "continuer à essayer de rentrer en contact avec les Farc pour les otages. S'il faut trouver un intermédiaire, nous le ferons sans demander d'autorisation (ndlr: à la Colombie) car nous sommes un pays souverain".
Selon lui, ces contacts ont été rompus après ce qu'il a appelé "l'assassinat" par la Colombie du numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Raul Reyes, lors d'un raid colombien en territoire équatorien le 1er mars. Depuis, les discussions pour une libération d'otages sont au point mort.
Cette incursion en territoire équatorien a déclenché une grave crise diplomatique entre l'Equateur, soutenu par le Venezuela, et la Colombie, alliée des Etats-Unis.
La Colombie accuse l'Equateur et le Venezuela de liens avec les Farc, classées organisation terroriste par Bogota, les Etats-Unis et l’Union européenne et que le président colombien Alvaro Uribe a promis d'éliminer par une solution militaire.
Le président vénézuélien Hugo Chavez, qui a obtenu des Farc la libération de six otages depuis janvier, et M. Correa répondent avoir établi des contacts uniquement en vue d'obtenir la libération des otages.
M. Correa a également dit tirer "un bilan extrêmement positif" de sa tournée européenne à Madrid, Bruxelles et Paris, destinée à contrer "la campagne de calomnies et de mensonges" menée selon lui par la Colombie contre l'Equateur, avant le sommet UE-Amérique latine de vendredi et samedi à Lima.
Le président équatorien a reçu le soutien du chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero qui a affirmé n'avoir "jamais eu le moindre doute" sur M. Correa et son gouvernement.
M. Sarkozy a également remercié son homologue pour ses efforts envers les otages et "s'est dit prêt, à titre bilatéral et dans le cadre de l'Union européenne, à apporter son soutien" au "plan Equateur".
Ce plan de développement social est destiné, selon M. Correa, à répondre à ce qu'il a appelé "un plan guerrier" de M. Uribe contre les Farc dans la zone frontière entre les deux pays.
"Je pense que M. Correa peut jouer un vrai rôle" pour la libération des otages, a affirmé à l'AFP Fabrice Delloye.
"Ce que nous espérons, c'est qu'au sommet de Lima les pays latino-américains et l'Union européenne fassent des ouvertures aux Farc" en vue d'une reconnaissance politique si elles s'engagent à renoncer à tout acte terroriste, a-t-il ajouté.
L'Equateur et la France soutiennent l'idée d'une solution pacifique à la crise des otages par un accord entre la guérilla marxiste et le gouvernement colombien de droite.
Les Farc, en lutte contre les autorités colombiennes depuis 1964, entendent notamment échanger 39 otages dits "politiques", dont Ingrid Betancourt et trois Américains, contre 500 guérilleros emprisonnés.
La Colombie compte plus de 3.000 otages, aux mains des Farc mais également d'autres guérillas, de groupes paramilitaires d'extrême droite et de bandes criminelles.